Le 15 août approche, et avec lui son lot de questions récurrentes : faut-il travailler ce jour férié ? Comment est-il payé ? Peut-on le refuser ?
Ce guide fait le point sur le statut du 15 août, sa rémunération, les règles de récupération et le cas particulier de 2026, où ce jour férié tombe un samedi. Que vous soyez salarié, employeur ou membre d’une équipe RH, vous trouverez ici des réponses claires et sourcées pour anticiper sereinement cette journée parmi les jours fériés légaux.
💡L’essentiel sur le 15 août travaillé (TL;DR)
Jour férié ordinaire : Contrairement au 1ᵉʳ mai, le 15 août n’est pas obligatoirement chômé ; l’employeur peut imposer le travail sauf accord collectif contraire.
Conditions de rémunération : Aucune majoration légale n’est prévue pour les heures travaillées (hors heures supplémentaires ou accord de branche spécifique).
Maintien de salaire : Si le jour est chômé dans l’entreprise, le salaire est maintenu sous condition d’au moins 3 mois d’ancienneté.
Cas particulier de 2026 : Tombant un samedi, il ne donne lieu à aucune récupération automatique pour les salariés ne travaillant pas ce jour-là.
Le 15 août, Assomption : signification et jours fériés légaux en France
Que signifie le 15 août et la fête de l'Assomption ?
Le 15 août célèbre l’Assomption, une fête catholique qui marque la montée au ciel de la Vierge Marie. C’est l’une des plus anciennes fêtes chrétiennes, fixée au calendrier depuis le haut Moyen Âge, et elle reste aujourd’hui l’un des jours fériés les plus connus du calendrier français, même pour les non-pratiquants.
Le 15 août 2026, un jour férié parmi les fêtes légales
L’article L.3133-1 du Code du travail fixe la liste des jours fériés légaux en France. La voici :
- 1er janvier : jour de l’an.
- Lundi de Pâques : lendemain du vendredi saint, qui lui n’est pas férié en dehors de l’Alsace-Moselle.
- 1er mai : fête du travail.
- 8 mai : commémoration de la victoire de 1945.
- Ascension et lundi de Pentecôte.
- 14 juillet : fête nationale.
- 15 août : Assomption.
- Toussaint.
- 11 novembre : commémoration de l’armistice de 1918.
- 25 décembre : Noël.
Le 15 août trouve donc sa place aux côtés de dates à forte portée historique comme le 8 mai ou le 11 novembre, mais sans commémorer un événement national : son origine reste purement religieuse. Autre information utile pour anticiper vos plannings : en 2026, le 15 août tombe un samedi, ce qui change la donne pour les salariés travaillant habituellement du lundi au vendredi. Pour enregistrer correctement ces journées spécifiques, un outil de suivi du temps de travail permet d’automatiser le décompte et d’éviter les erreurs en paie.
Le 15 août est-il travaillé ou chômé selon le Code du travail ?
Contrairement au 1er mai, obligatoirement chômé et payé, le 15 août est un jour férié ordinaire. Rien dans la loi n’impose qu’il soit chômé : l’employeur peut tout à fait demander à ses salariés de venir travailler ce jour-là, comme n’importe quel autre jour de la semaine.
Ce que disent le Code du travail et les articles de loi
L’article L.3133-3-2 du Code du travail est clair sur ce point : « à défaut d’accord, l’employeur fixe les jours fériés chômés ». Autrement dit, sans texte particulier applicable dans l’entreprise, c’est bien l’employeur qui décide si le 15 août sera travaillé ou non. Une conséquence directe en découle : un salarié qui ne se présente pas à son poste un 15 août resté travaillé dans l’entreprise commet une absence injustifiée, avec les sanctions que cela peut entraîner (retenue sur salaire, voire procédure disciplinaire selon les cas).
Le rôle de l'accord d'entreprise et de la convention collective
Heureusement, ce principe légal laisse de la place à la négociation. Un accord d’entreprise ou d’établissement, une convention collective de branche, ou même un simple usage bien établi dans l’entreprise, peuvent fixer le 15 août comme jour férié chômé. Dans ce cas, l’employeur ne peut plus imposer le travail ce jour-là. C’est pourquoi la première chose à vérifier reste toujours sa convention collective ou son contrat de travail avant de tirer des conclusions générales.
Comment est payé le 15 août ? Rémunération du jour férié travaillé
La question de la paie revient systématiquement dès qu’un jour férié approche. Voici comment s’articule la rémunération selon que le 15 août est chômé ou travaillé dans votre entreprise.
1. Le jour férié chômé et sa rémunération maintenue
Quand le 15 août est chômé dans l’entreprise, la loi protège les salariés qui comptent au moins trois mois d’ancienneté : leur rémunération habituelle est maintenue, sans aucune retenue sur salaire (article L.3133-3 du Code du travail). Cette garantie exclut toutefois certains profils spécifiques, à savoir les salariés à domicile, les intermittents et les travailleurs temporaires, qui relèvent de règles distinctes.
2. Travail le 15 août et rémunération des heures
Si l’entreprise fonctionne normalement ce jour-là, les heures travaillées sont payées normalement. Contrairement à ce qu’on pourrait croire, aucune majoration de salaire n’est prévue par la loi pour le simple fait de travailler un 15 août. La seule exception concerne les heures supplémentaires : si l’horaire dépasse la durée légale de travail (35 heures hebdomadaires), ces heures ouvrent droit aux majorations classiques, exactement comme n’importe quel autre jour de la semaine.
3. Le 15 août est-il un jour férié payé double en restauration et commerce ?
C’est l’une des confusions les plus fréquentes : non, le Code du travail ne prévoit aucun paiement double pour le 15 août. Cette règle n’existe tout simplement pas dans la loi française. En revanche, certaines conventions collectives, notamment dans la restauration et le commerce, instaurent une majoration ou une indemnité égale à un pourcentage du salaire pour compenser le travail ce jour férié. Mieux vaut donc toujours vérifier sa convention collective avant de tirer des conclusions.
Pour y voir plus clair, voici un comparatif des trois situations possibles :
| Situation | Rémunération applicable |
|---|---|
| 15 août chômé (avec 3 mois d’ancienneté) | Salaire habituel maintenu, sans retenue |
| 15 août travaillé, sans convention favorable | Salaire normal, heures supplémentaires majorées si dépassement de la durée légale |
| 15 août travaillé, avec convention favorable (restauration, commerce) | Salaire normal, plus majoration ou indemnité égale prévue par la convention collective |
Peut-on refuser de travailler un jour férié comme le 15 août ?
Le refus de travailler et ses conséquences
Si l’employeur a légalement fixé le 15 août comme jour travaillé dans l’entreprise, les salariés ne peuvent pas refuser de venir. Un refus s’analyse alors comme une absence injustifiée, susceptible d’être sanctionnée au même titre qu’un manquement classique au contrat de travail. L’employeur doit néanmoins veiller au respect des règles de repos hebdomadaire s’il planifie plusieurs jours consécutifs. Les règles changent uniquement pour le 1er mai, seul jour férié réellement obligatoirement chômé, ou si un accord d’entreprise, une convention collective ou un usage prévoit des dispositions plus favorables pour les salariés.
Voici un récapitulatif des situations à connaître :
- 1er mai : le refus de travailler est toujours possible, ce jour est obligatoirement chômé pour tous.
- Jour chômé par usage ou accord : le refus est légitime puisque l’entreprise ne peut pas imposer le travail ce jour-là.
- Jour travaillé imposé par l’employeur (cas du 15 août sans accord contraire) : le refus n’est pas justifié et expose à une sanction.
Qu'est-ce qu'un jour de récupération au travail ?
Un jour de récupération compense une perte d’heures liée à un jour férié chômé. Mais attention : la loi n’oblige jamais l’employeur à récupérer les heures perdues lors d’un férié chômé, sauf disposition conventionnelle contraire. C’est différent de la journée de solidarité, qui constitue une contrepartie spécifique instaurée pour financer l’autonomie des personnes âgées et handicapées, régie par ses propres règles.
Le 15 août un samedi : impact sur les congés payés et le décompte
Un jour férié le samedi et les congés payés
En 2026, le 15 août tombe un samedi, un jour habituellement non travaillé dans beaucoup d’entreprises. Contrairement aux jours fériés en semaine, la loi ne prévoit aucune récupération automatique quand un férié coïncide avec un jour de repos habituel. Un salarié qui ne travaille jamais le samedi ne perd ni ne gagne de jour de repos supplémentaire, sauf disposition conventionnelle contraire. Ce point surprend souvent les équipes RH, car il diffère du cas où le férié tombe un jour normalement travaillé.
Le jour férié pendant les congés payés : quel décompte ?
Si le 15 août tombe pendant les congés payés d’un salarié, le décompte dépend du statut du jour dans l’entreprise. Un férié habituellement chômé n’est jamais décompté des congés : le salarié bénéficie d’un jour de congé en plus. À l’inverse, s’il est habituellement travaillé, il compte comme un jour ouvrable classique et s’impute normalement sur le solde. La règle est identique pour le 14 juillet : ce n’est pas la date qui compte, mais le fait que l’entreprise travaille ou non ce jour-là.
Comment compter ses heures avec un jour férié ?
Le principe reste le même quel que soit le jour de la semaine concerné, qu’il s’agisse d’un mardi, d’un mercredi ou d’un jeudi. Voici un récapitulatif simple pour les jours fériés tombant en semaine :
| Situation | Décompte sur les congés payés |
|---|---|
| 15 août habituellement chômé dans l’entreprise | Non décompté, congé prolongé d’un jour |
| 15 août habituellement travaillé dans l’entreprise | Décompté comme un jour ouvrable normal |
| Jour férié tombant un jour non ouvré (dimanche, ou samedi selon l’organisation) | Aucun impact sur le solde de congés |

