L’un de vos salariés s’absente deux jours, sans fournir de justificatif. En paie, la retenue est calculée en heures, alors que la convention collective impose un calcul en jours calendaires. Par la suite, la DSN, elle, est transmise avec un code motif inadapté.
Sur le papier, les erreurs semblent simples à rattraper. Pourtant, ces écarts suffisent à fausser le traitement des IJSS et à générer une anomalie URSSAF en bout de chaîne pour une absence de seulement 48 heures. L’absence non rémunérée est une situation courante. Elle devient un point de fragilité dès que sa qualification ou son mode de calcul s’éloigne des règles applicables. De la convention collective à la méthode de retenue en passant par le paramétrage DSN : tout est lié.
Voici les repères à maîtriser pour sécuriser le traitement de ces absences, de la fiche de paie à la déclaration.
💡L’essentiel sur l'absence non rémunérée (TL;DR)
Définition et typologie : Elle correspond à une suspension du contrat sans maintien de salaire. Elle inclut les congés sans solde, les absences injustifiées ou les convenances personnelles non couvertes par la loi ou la convention collective.
Calcul de la retenue : À défaut de règle conventionnelle, la méthode de l’horaire réel est la référence. Elle assure une retenue strictement proportionnelle au temps de travail non effectué par rapport au salaire brut mensuel.
Impacts sur le contrat : Ces périodes peuvent suspendre l’acquisition des congés payés et de l’ancienneté. En cas d’absence injustifiée, l’employeur peut également engager une procédure disciplinaire pouvant aller jusqu’au licenciement.
Gestion en paie et DSN : La retenue doit être isolée sur le bulletin. En DSN, le choix du code motif est crucial pour éviter les anomalies URSSAF ou le blocage des droits aux indemnités journalières (IJSS).
L’absence non rémunérée : de quoi parle-t-on ?
Définition de l’absence non rémunérée
Une absence non rémunérée correspond à une période pendant laquelle le salarié ne travaille pas, sans que l’employeur soit tenu de maintenir sa rémunération, que ce soit au titre de la loi, de la convention collective ou du contrat de travail. La rémunération est donc suspendue pendant toute la durée de l’absence.
Cette définition recouvre des réalités très différentes. À ne pas confondre avec :
- l’arrêt maladie, qui peut faire l’objet d’un maintien de salaire selon la CCN et les IJSS versées par la Sécurité sociale,
- les congés payés, qui constituent un droit à rémunération acquis par le travail effectif.
La qualification correcte de l’absence conditionne à la fois la gestion des absences, le traitement en paie et, le cas échéant, la démarche disciplinaire. C’est le premier point de vigilance pour le gestionnaire de paie. Dans un second temps, et face aux désagréments causés par l’absence, en comprendre les causes afin de les prévenir est une démarche indispensable
Types d’absences non rémunérées
Trois grandes catégories d’absences non rémunérées coexistent en pratique.
- L’absence injustifiée est la situation la plus sensible. Le salarié ne se présente pas à son poste et ne fournit aucun justificatif dans le délai requis par l’employeur. Elle peut, selon la durée et les circonstances, caractériser un abandon de poste et ouvrir une procédure disciplinaire. Sur le plan paie, la retenue est immédiate.
- Le congé sans solde est une absence décidée d’un commun accord entre l’employeur et le salarié. Elle est formalisée, souvent encadrée par un avenant ou une demande écrite, et peut répondre à des projets personnels variés : voyage, formation personnelle, projet entrepreneurial. Les droits du salarié sont suspendus pendant la période.
- L’absence autorisée non maintenue correspond à des absences prévues par la loi ou la convention collective, mais pour lesquelles aucune obligation de maintien de salaire n’est prévue. C’est notamment le cas de certains congés pour convenance personnelle, du congé sabbatique ou du congé de solidarité familiale, selon les dispositions conventionnelles applicables.
Comment calculer une absence non rémunérée ?
Les méthodes de calcul de l’absence non rémunérée
Le calcul de la retenue est le cœur opérationnel du sujet et aussi la principale source d’erreur. Deux méthodes coexistent mais aucune n’est imposée par le Code du travail.
- La méthode des jours calendaires divise le salaire brut mensuel par le nombre de jours calendaires du mois, puis multiplie le résultat par le nombre de jours d’absence.
- La méthode de l’horaire réel multiplie le taux horaire brut par le nombre d’heures d’absence constatées.
| Méthode jours calendaires | Méthode horaire réel | |
|---|---|---|
| Formule | Salaire brut ÷ jours calendaires × jours absents | Taux horaire brut × heures d’absence |
| Exemple (2 800 € brut, 2 jours/14 h absence, mois de 31 jours) | 2 800 ÷ 31 × 2 = 180,65 € | 2 800 ÷ 151,67 × 14 = 258,34 € |
Le même salarié, la même absence : l’écart entre les deux méthodes peut être significatif. La convention collective applicable peut fixer la méthode à retenir.
À défaut de stipulation conventionnelle, la jurisprudence de la Cour de cassation reconnaît la méthode de l’horaire réel comme la méthode de référence. Elle garantit une stricte proportionnalité entre le temps de travail non effectué et la retenue sur salaire.
Les outils RH
L’absence non rémunérée a des effets sur les droits du salarié qui dépassent la simple retenue sur salaire.
- Les droits à congés payés sont affectés : une absence non rémunérée non assimilée à du temps de travail effectif ne génère pas d’acquisition de congés pour la période concernée. Ce n’est pas le cas d’un arrêt maladie d’origine professionnelle ou d’un accident du travail, qui continuent d’ouvrir des droits.
- L’ancienneté peut également être suspendue selon les dispositions de la convention collective.
- Enfin, les cotisations prévoyance et retraite ne sont pas assises sur les périodes non rémunérées, ce qui peut impacter la couverture et la validation des trimestres.
Sur le plan opérationnel, la gestion des absences non rémunérées gagne en fiabilité dès lors qu’elle s’appuie sur un SIRH complet connectant GTA et paie.
La qualification de l’absence en amont, autorisée ou injustifiée, avec ou sans justificatif alimente directement le calcul de la retenue et le code DSN, sans ressaisie. Les équipes paie disposent alors d’une traçabilité complète, utile en cas de contrôle ou de contestation.
Déclaration DSN : les erreurs à éviter
La DSN est l’autre point de risque. Le traitement varie selon la nature de l’absence.
Pour une absence injustifiée
Il n’y a pas de bloc arrêt de travail à créer en DSN. La retenue figure uniquement sur le bulletin de salaire. L’erreur fréquente consiste à enregistrer l’absence avec un code motif “arrêt maladie” par défaut, ce qui génère un traitement automatique des IJSS par la CPAM sur une base inexistante, et une anomalie lors des contrôles URSSAF.
Pour un congé sans solde ou une absence autorisée non maintenue
Selon la durée et les dispositions de la CCN, une déclaration en DSN peut être nécessaire via le bloc absence (distinct du bloc arrêt de travail). Le code motif doit être sélectionné avec précision dans le logiciel de paie pour refléter la réalité de la situation.
La synchronisation entre la qualification de l’absence dans le module GTA et la génération du bulletin est le point de contrôle essentiel. Une absence qualifiée en amont dans le bon code évite toute ressaisie manuelle et les erreurs de codification qui en découlent.
⚡Sécurisez le traitement des absences de la qualification à la DSN : |

